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Il était une fois, un enfant qui vivait seul avec sa mère. Leur maison était à l'écart de la ville, invisible des chemins, car entourée d'un jardin si vaste qu'on le prenait pour une forêt. Quant aux lisères du domaine, elles étaient si touffues, si peu accueillantes, mêlées de ronces et d'épines en bataille, qu'elles dissuadaient quiconque de s'en approcher. Ils vivaient ainsi, sans personne, depuis la naissance de l'enfant, sur leur territoire, au milieu de leur jardin. Ils y trouvaient tout leur nécessaire, car leur vie était simple et leurs besoins, faciles à satisfaire.
Mais un jour, l'enfant demanda :
" Mère, qu'y a-t-il au-delà du jardin ? Existe-t-il d'autres domaines semblables au
nôtre ? "
La mère alors, sentit une main glacée se poser sur sa gorge. Elle répondit après un
long silence :
" Il y a la pluie et le vent ; des orages et des tempêtes. Il y a des guerres et des
famines, et un grand mal d'amour qui dévaste les pays. "
La mère parla longtemps et l'enfant l'écouta. Mais ses paroles résonnaient en lui d'une
manière inhabituelle. Plus elle décrivait les incertitudes et les dangers, plus l'enfant
se sentait captivé.
A la fin, il lui dit :
" Pourquoi ne m'en as-tu jamais parlé ? "
Elle hésita. Il y avait du reproche dans sa voix.
" Parce que tu ne m'as jamais questionné. "
L'enfant hocha la tête en regardant sa mère. Pour la première fois, il lui sembla
qu'elle ne lui disait pas toute la vérité.
Les jours passèrent, en apparence comme ils avaient toujours passé. Mais la mère voyait
bien qu'un ferment travaillait en silence le cur de son enfant. Il était souvent
aux aguets, à épier les bruits du domaine comme s'il y guettait les échos des pluies et
des tempêtes.
A force de prêter l'oreille, il distingua ce qu'il n'avait jamais entendu : une rumeur
sourde qui bourdonnait au fond de l'air. Cela ressemblait à un essaim dans les tilleuls
au mois de juin. Il voulut voir, savoir et se laissa attirer à l'extérieur.
C'est ainsi qu'il découvrit au loin, la route nationale et son trafic incessant de
voitures, de camions
Il marcha dans cette direction, les yeux brillants.
Lorsqu'il y parvint, un long cortège de camions venait de s'arrêter, sur le bas-côté.
L'enfant, émerveillé, les contempla longuement. Ils étaient décorés de couleurs
vives, avec des visages hilares et des têtes d'animaux redoutables. C'était un cirque ;
le fabuleux cirque Mondo-Mondo ! Il s'était arrêté, toutes portes ouvertes, pour
permettre aux bêtes qui avaient chaud, de respirer.
Un homme était accoudé à la portière d'un camion. Il ressemblait à la figure peinte
sur les remorques, le rire en moins. C'était le directeur. Quand il vit l'enfant
ébloui, il lui dit :
" Je parie que tu veux-tu découvrir le monde, petit ? Tu ne pouvais pas tomber
mieux. Le cirque Mondo-Mondo t'ouvrira les portes des cinq continents ! Je cherche
justement un garçon comme toi, robuste et dégourdi, pour s'occuper des fauves. Celui qui
faisait ce travail vient de s'en aller. Si le cur t'en dit, la place est
pour toi ! " Ce qu'il ne lui dit pas, c'est que son prédécesseur, en vérité,
avait été mangé.
" Comment t'appelles-tu ?
- Ma mère m'a toujours dit " l'enfant ".
- L'enfant ! Un gaillard comme toi ! Tu n'es plus un enfant, allons. Tu t'appelleras Jean
: les garçons de la ménagerie s'appellent toujours Jean. Et tu seras palefrenier.
Jean-le-palefrenier !
- C'est dit, acquiesça l'enfant, content de son nom. Mais avant de partir, il faut que je
prévienne ma mère, sans quoi, elle s'inquiéterait.
- Presse-toi ! Je n'ai pas de temps à perdre avec des au revoir et des adieux ! Dans un
quart d'heure, je ne serai plus là !
- J'en ai pour cinq minutes ! "
L'enfant revint chez lui et courut annoncer la bonne nouvelle à sa mère :
" Mère, je pars ! Le cirque Mondo-Mondo va m'ouvrir les portes des cinq continents.
- Un cirque ! Mon dieu
Il faut que ce soit un cirque qui t'emporte. Mes efforts pour
te protéger n'auront servi à rien ! " Elle soupira et murmura ces mots :
" Ton père était dans un cirque, lui aussi. Trapéziste. Un jour
"
Elle ne put en dire davantage.
" Ce n'est pas parce que tu m'as mis au monde que tu peux m'empêcher de vivre
ma vie ! " s'écria soudain l'enfant.
La mère comprit alors qu'il était inutile de le retenir. Elle préféra lui dire :
" Quoi que tu fasses, n'oublie jamais le jardin de ton enfance. Garde-le au fond de
toi, empêche-le de s'éteindre. Partout où tu iras, il t'accompagnera et lorsque
tu trébucheras sur les chemins du monde, c'est lui qui te remettra debout. "
Elle s'interrompit, s'approcha d'un arbuste dont elle cueillit une petite branche.
" Tiens, pour ne pas l'oublier, emporte avec toi ce rameau d'aubépine.
Ses fleurs blanches sont un éclat de sa lumière, déposée sur les branches par les
oiseaux du matin. Maintenant, va puisque tu veux aller. Je ne peux plus rien pour toi.
"
L'enfant prit le rameau d'aubépine et l'enfouit dans sa poche. Puis, il partit en courant
rejoindre les gens qui l'attendaient.
" Me voici ! s'écria-t-il, tout joyeux.
- Alors, en route ! Assez perdu de temps, maugréa le directeur du cirque. "
Le soir tombait déjà. Ils devaient rouler toute la nuit pour se trouver avant l'aube,
dans une ville où ils donnaient une représentation le lendemain.
Jean-le-palefrenier, excité par la nouvelle vie qui l'attendait, avait déjà oublié sa
maison, sa mère et ses dernières recommandations. Il voyageait dans un camion qui
transportait des animaux. Collé contre la banquette, il les entendait remuer dans son dos
: des coups sourds, des glissements, des grattements... On aurait dit que les bêtes lui
parlaient. Que disaient-elles ? Amitié ou colère ? Jean n'était pas rassuré. Peu
à peu cependant, les mouvements se calmèrent et, malgré l'inconfort de la cabine, sa
fatigue prit le dessus et il s'endormit profondément.
Quand il se réveilla, le convoi était arrêté sur une place et l'aube n'était pas
encore levée.
" Allez debout ! S'agit pas de flemmarder ! "
A ces mots, il sursauta et sexclama, les paupières encore lourdes :
" Déjà ? Il est trop tôt pour se lever !
-Il va falloir thabituer à ce nouveau rythme de vie, mon ptit gars. Ici, il ny a pas de place pour les fainéants ", grogna linconnu en claquant la porte de la cabine.
Jean se jeta sur ses vêtements, enfila en toute hâte sa salopette et se dirigea vers la ménagerie dun pas décidé. Les animaux limpressionnaient . Il nen avait jamais vu daussi près . En le voyant, la lionne se mit à rugir et à sagiter dans tous les sens .Stupéfait, Jean recula dun pas ,senfonçant dans une chose molle et étrange qui laissa échapper un petit bruit. Il se retourna et se retrouva face à face avec un drôle de petit bonhomme, haut comme trois pommes, déguisé en clown.. Il avait un regard pétillant de malice et portait une perruque bouclée qui lui donnait un air drôle. Son costume bariolé dor et de vert faisait ressortir son ventre dodu. Jean remarqua les gigantesques chaussures quil portait et réalisa que cétait " la chose " qu il venait d écraser .Il voulut s excuser :
" Oh, pardon. Je vous ai fait mal?
Ha .a , gémit le clown, vous mavez piétiné le pied et maintenant jai de plus en plus mal .La douleur remonte jusque dans mon bras .
Le clown , excellent comédien, simula une grosse douleur, se mit à boîter, le bras raide, puis explosa de rire .
Jean, soulagé, réagit dans un profond soupir :
- " Vous mavez fait une sacré peur .Vous êtes un bon farceur .
- Cest mon métier, sexclama le clown .Et toi, quest-ce que tu fais ici ?
-Je suis Jean le palefrenier, répliqua lenfant. Je mapprêtais à nettoyer les boxes des chevaux mais je ne sais pas comment my prendre.
-Tu sais, ce nest pas très difficile.Il faut que leur litière soit toujours propre et quils ne manquent de rien.
-Bon, je vais suivre tes conseils et vite me mettre au travail. "Jean se hâta vers les écuries , examina les chevaux ,et les prépara pour la représentation qui allait avoir lieu.
Il fut émerveillé par tous les numéros présentés dans le spectacle écarquillant les yeux de curiosité à chaque reprise. Il songeait au jour où il avait dû prendre une décision et ne regrettait vraiment rien. Il naurait jamais connu cela sil était resté chez lui. Sa mère lui manquait mais ici tout semblait si merveilleux !
Chaque jour , il apportait aux animaux tendresse et amour .
Il faisait son métier à la perfection .
Voyant qu il était rapide et efficace, le directeur le convoqua dans
son bureau , le félicita et lui confia une tâche supplémentaire :soigner les fauves.
Il lui proposa de le présenter aux autres employés .
Jean, ravi, fit la connaissance de ses camarades de travail . Le directeur lui présenta un de ses meilleurs artistes Jack le trapéziste qui lui serra la main , le foudroyant du regard .Il ne semblait pas heureux de cette rencontre.
Jean fut troublé par lattitude fermée de Jack. Mais il oublia très vite cet incident, occupé à faire la connaissance des autres qui sapprochaient de lui .Le dresseur de chevaux le complimenta pour les soins quil apportait aux animaux et lui donna quelques conseils .
Pendant ce temps Jack en profita pour rendre visite à Galfio le clown, dans sa roulotte .Celui- ci arriva un peu plus tard .
" Ah ,te voilà enfin! sexclama Jack dun ton nerveux et autoritaire.
-Que se passe-t-il ? demanda Galfio, surpris.
-Cest au sujet du nouveau. Il ne me plaît pas du tout.
-Moi je le trouve plutôt sympathique. Il est jeune, plein dénergie
-Ne vois- tu pas quil est entrain de prendre notre place ?Il est là depuis quelques jours et on ne parle que de lui.
-Serais-tu jaloux ? Tu nas
-Mais tu es aveugle !interrompit Jack. Au lieu de dire des bêtises, tu ferais mieux de le surveiller de près. Tu vas essayer de gagner sa confiance et rester discret. Surtout, tiens- moi au courant de tous ses faits et gestes.
Galfio nosa pas refuser car Jack lui avait rendu service autrefois..
Pensif, il regagna la piste du cirque pour répéter son numéro car une représentation avait lieu le lendemain.
Quand soudain, il entendit des cris horribles qui venaient de la ménagerie. Il se précipita et découvrit le dompteur de fauves allongé par
terre, ensanglanté. Il venait de se faire mordre par une lionne enragée et allait être hospitalisé de toute urgence. Le directeur, bien désorienté ,soucieux du bon fontionnement de son cirque, se mit à la recherche dun remplaçant en passant plusieurs annonces.
Alors, Jules, un jeune homme de seize ans se présenta. Le directeur le trouvait un peu jeune mais il accepta de lengager car il navait plus le choix.
Aussitôt, le garçon rejoignit ses compagnons de travail. Il les entraîna sans relâche, jour et nuit. A la grande surprise de tous, les fauves obéissaient à leur maître, sans agressivité, et accomplissaient des exploits jamais vus dans le monde du spectacle.
Quel était donc le secret de Jules ?
Une nuit, Jean, qui ne trouvait pas le sommeil, saventura à lextérieur et entendit des vibrations étranges, des bruits insolites provenant de la ménagerie. Il sen rapprocha et fut impressionné par tout ce quil entendit et vit.
Jules était entrain de parler avec un jaguar à qui il racontait sa vie, ses origines Il lui confia comment il était arrivé sur cette Terre, de quelle mission on lavait chargée, ainsi que les pouvoirs quil possédait depuis la naissance.
Il savait dompter les animaux mais aussi les nuages, la nature et les hommes, dun seul clignement des yeux. Le jaguar lécoutait avec beaucoup dattention, la queue agitée de curiosité. Jean fut saisi de stupeur, se ressaisit , prêt à partir, quand Jules remarqua sa présence.
" Tu étais là ?, sétonna Jules. Tu as donc tout entendu !
Jean bredouilla :
-Je ne dirai rien, tu sais.
-Surtout promets-moi de bien garder le secret, reprit ladolescent. "
Puis ils discutèrent longuement. Une amitié commençait à naître entre les deux garçons.
Le jour du grand spectacle arriva. Jean avait préparé les animaux avec le plus grand soin ,la plus grande attention . Jules avait mis au point ses numéros extraordinaire dans la plus grande sécurité .
Quand le moment fut venu, M Loyal annonça lentrée des fauves et de leur maître sur la piste .
Tous les yeux se tournèrent vers la porte des artistes et la cage des animaux .
Lorsque des cris dangoisse et dhorreur retentirent sous le chapiteau. !.Les fauves navaient pas fait lentrée par la petite porte mais par le couloir des artistes et se répandaient dans toute la salle en rugissant affolés par les éclats de voix .Pris de panique, les spectateurs se précipitaient vers lissue de secours en hurlant.
Jack observait la scène, des coulisses, satisfait de la réussite de son stratagème monté avec Galfio.
Quant à Galfio, lui nétait pas très fier. Il venait de trahir la confiance de Jean. Le directeur furieux, remonté contre ces deux compères, les convoqua aussitôt dans son bureau. Il leur expliqua que leur comportement était inadmissible et les renvoya sur le champs.
Jean ,désemparé, se demanda ce quil allait devenir.
Il avait décidé un jour de partir et de vivre sa vie mais était-ce si difficile ?
Il sortit son rameau daubépine de la poche et se mit à pleurer.
Son ami Jules le rassura et tous deux séloignèrent sur dautres chemins vers dautres continents dautres terres.
CM2 Combs la Ville |
Après un long périple sans rencontrer personne, Jean et Jules étaient fatigués.
La nuit était tombée. Au loin, ils aperçurent des lueurs. Retrouvant espoir, ils se dirigèrent vers les lumières dun pas décidé.
" - Avec largent que nous a donné le directeur du cirque avant de partir, nous pourrions peut-être prendre un logement pour passer la nuit ? ", proposa Jules. Jean, au bord de lépuisement, accepta sans réfléchir.
Les deux compères se retrouvèrent à quelques centaines de mètres de la ville.
" - Tu sens cette odeur ? demanda Jules.
- Oui, peut-être que je la sens mais de toute façon je suis tellement épuisé que je dormirais même dans une poubelle. "
Il ne croyait pas si bien dire
Une fois la porte de la ville franchie, Jules et Jean découvrirent un spectacle terrifiant
Il ny avait pas de mots pour décrire cela. Pourtant, lorsquils racontèrent leur histoire, ils en trouvèrent
" Des tas de déchets de chaque côté de la route. Du papier, du verre, du plastique et même du fer. En fait, il y en avait pour tous les goûts des produits toxiques également. Cette ville nétait quun immense tas dordures à tel point que nous ne pouvions plus voir nos pieds ! Pas dodeurs de roses, que du nauséabond une porcherie une puanteur incomparable... Ce qui nous a le plus surpris, cest quil ny avait pas de poubelles visibles "
Au moment où Jean aperçut un habitant qui semblait collé depuis très longtemps à un chewing-gum, il marcha sur une peau de banane et se foula la cheville. Jules le consola en lui faisant un massage.
La fatigue les gagna au point de les laisser sinstaller comme ils pouvaient au milieu de cartons un peu moins sales que le reste.
Le lendemain matin, une camionnette les réveilla. Les deux jeunes gens se dirigèrent vers elle. Le conducteur était seul à bord du véhicule.
" - Hé ! Monsieur ! Quelle est le nom de cette ville ? lança Jean.
Ha ! Ha ! Vous ne connaissez pas le nom de cette ville. Cest une vraie porcherie ! Vous êtes Pardon ! Bienvenue à Déchets-Ville.
Mais, il ny a personne dans cette ville !
Bien sûr, pourquoi voulez-vous que des gens vivent ici ? Tout le monde est parti mis à part les deux ou trois qui restent très "attachés ".
Je comprends , dit Jean à haute voix sans sen rendre compte.
Moi, ce que je comprends, cest que nous navons que cette somme ridicule qui nous a été donnée à la fin de notre dernier travail, lança Jules.
Je peux vous embaucher, mais vous imaginez dans quelles conditions. "
Jean nétait pas prêt à faire nimporte quoi. Il proposa à Jules de lui parler à part.
" - Tu te rends compte de létat de cette ville ?
Si tu as une solution plus intéressante répliqua Jules.
Tu as des pouvoirs magiques ! Pourquoi ne ten sers-tu pas ?
Mes " pouvoirs ", comme tu le dis, ne peuvent être appliqués que sur des êtres vivants, de plus ils sont limités tant que je ne retournerai pas chez moi ; je ne peux en utiliser quun certain nombre... "
Jean se sentit dun seul coup vide, les odeurs pestilentielles nexistaient plus pour lui : il était résigné.
Les deux amis retournèrent près du conducteur de camionnette.
" - En quoi consisterait notre travail ? osa demander Jean.
- Il sagit, tout simplement de ramasser les déchets qui ressortent du cratère.
Du cratère ? sexclamèrent les deux compères.
Montez dans ma camionnette, je vais vous montrer. "
Le véhicule fit léquivalent de six à sept cents mètres, slalomant au milieu des déchets. La quantité ne faisait quaugmenter : tas de plastiques mélangés à des vieux pneus puis amas de métaux divers, des monticules de bombes aérosol ou bien des montagnes dobjets que personne ne pouvait reconnaître.
La camionnette sarrêta à un endroit qui semblait être la source de toute cette pollution. En effet, il sagissait dun cratère doù dégueulait il ny avait pas dautre mot un flot ininterrompu de produits tous plus nauséabonds les uns que les autres.
" - Mais doù vient tout cela ? demanda Jules.
Toutes les grandes villes de la région déversent leurs déchets dans un grand collecteur qui passe sous terre et ressort ici.
Alors, toujours intéressés par ce travail ? "
Jules et Jean se regardèrent. Le premier dit :
" - Avons-nous vraiment le choix ?
En effet nous acceptons, murmura Jean à contre cur.
Je vais vous emmener voir le directeur de lusine de retraitement. "
Leur première journée de travail consista à ramasser des tas dordures quils devaient transportaient au centre de retraitement grâce à une camionnette semblable à celle de lhomme rencontré. Le centre fonctionnait 24h/24 mais cela ne suffisait pas. Il fallait trouver une solution
Les deux amis étaient perdus dans leurs réflexions quand un événement extraordinaire se produisit
un événement absolument inattendu : le flux d'immondices qui s'écoulait de la gueule du cratère d'une manière ininterrompue s'était soudain arrêté !
Jean regarda Jules, le visage épanoui :
" C'est extraordinaire ! Ça alors s'exclama-t-il en sifflant entre ses dents.
- Quoi donc ?
- Que tu aies pu stopper le déversement, comme ça, par le simple effet de ta volonté !
- Ah parce que tu crois que c'est grâce à moi ! s'étonna Jules qui comprenait l'émerveillement de Jean. Détrompe-toi ; je n'y suis pour rien et ça m'inquiète ! Parce que de deux choses l'une : soit les ordures ne s'écoulent plus parce que les villes n'en rejettent plus, ce que j'ai du mal à croire ; soit le système est bloqué quelque part. Au niveau du collecteur, de la canalisation qui ramène tout ici... ou ailleurs. Mais je pencherais plutôt pour cette seconde raison ; hélas !
- Pourquoi hélas !
- Eh ben, à ton avis Réfléchis Qui est-ce qui va descendre dépanner le système ?
- Quoi ? Tu crois que C'est pas possible C'est tout de même pas nous qui pouvons On ne connaît rien du réseau "
Jean avait à peine fini de parler que la camionnette de l'homme qui les avait engagés arrivait, tous phares allumés, en soulevant un tourbillon de poussière.
" On va pas tarder à savoir qui a raison, fit Jules qui s'attendait au pire. "
La voiture tout juste immobilisée, le conducteur sauta à terre. Il tenait un rouleau de feuilles à la main.
" Vous tombez à pic, vous deux. Venez par ici. "
Il déroula les feuilles sur le capot de la camionnette. C'étaient les plans du réseau souterrain du collecteur.
" Voilà où nous sommes, dit-il en désignant un point précis. A mon avis, ça peut être bloqué au niveau de l'échangeur 24, ici ; ou au niveau des vannes de rétention qui se trouvent à la jonction des vallées qui concentrent les déchets des villes de l'est et du sud ; là, précisément.
A moins qu'il ne s'agisse d'une micro coupure d'électricité qui aurait entraîné une panne du système informatique qui pilote l'injection des boues de refroidissement des canalisations chauffées par la fermentation. Ça m'étonnerait beaucoup. Dernière hypothèse, encore plus improbable : les rats ! Alors là, si c'est les rats, il faut s'attendre au pire. Mais j'y crois pas. Seule solution pour être sûr : aller voir !
" Il parlait sans se soucier de ses auditeurs qui le regardaient expliquer, en désignant les lieux sur ses plans, farfouiller dans ses feuilles, en rouler une, en dérouler une autre, évoquer des itinéraires
A la fin de son monologue, il retourna à la camionnette, ouvrit la portière :
" Je vous ai apporté des combinaisons. Dépêchez-vous de les enfiler Je vais vous conduire directement à l'échangeur 24. Vous descendrez par le sas d'accès. Voici des talkies-walkies. Nous resterons en contact. Ça y est ? Vous êtes prêts ? Embarquez ! "
Les deux amis étaient à peine montés que la camionnette démarrait.
Jean soupira. Il regarda Jules avec un mouvement de la tête qui signifiait :
" Tu l'avais bien dit Hélas ! "
Leur arrivée à l'échangeur 24 et leur descente sous terre ne prit pas cinq minutes et pendant ces cinq minutes l'employé leur donna peu d'informations sur ce qu'ils pourraient découvrir, en-dessous. Le type répétait sans arrêt :
" Vous verrez bien ! Si vous avez un problème, vous faites pas de mousse ! Vous m'appelez. Je reste en surface pour vous guider. "
De toute façon, ils n'avaient pas le choix. S'enfuir ? Ils seraient aussitôt rattrapés par l'énergumène à la camionnette.
Avant de les laisser entrer dans le sas, il se ravisa :
" Ah oui, un petit détail encore. J'allais oublier ! Il vous faut encore ça "
Il leur tendit à chacun un masque à oxygène :
" Sinon vous ne feriez pas long feu là-dessous, ajouta-t-il en riant.
Vous seriez morts asphyxiés en moins de trois minutes ! Allez, bonne chance ! "
Et la porte du sas se referma sur eux.
Une fois dans le noir ils découvrirent que leurs combinaisons étaient fluorescentes.
" Comment on va faire pour lui parler avec ces masques sur le visage ? se demanda Jean.
- Vous en faites pas ! leur répondit le bonhomme. Vos émetteurs-récepteurs sont équipés d'un système qui capte les vibrations de votre voix malgré le masque. D'ailleurs, vous voyez, il fonctionne parfaitement. "
A moitié rassurés, les deux jeunes gens voulurent entamer leur exploration, mais ils n'allèrent pas bien loin. Au bout de quelques pas en effet, ils s'arrêtèrent, absolument sidérés : dans la lumière fluo de leurs combinaisons, ils découvrirent une bande de rats rigolards qui les attendaient, un sourire ironique au coin des moustaches ! Une bande une troupe plutôt. Quelques centaines ! Un sacré comité d'accueil ! Ah la bonne blague ! Ils avaient l'air tout à fait ravis de la frayeur qu'ils provoquaient, avec leur museaux pointus qui frémissaient et leurs petites têtes malines, aux yeux intelligents qui s'inclinaient d'un coté, de l'autre, comme s'ils se demandaient quel témoignage de bienvenue conviendrait le mieux à ces deux téméraires
" Ils vont nous grignoter les oreilles, déchirer nos combinaisons et se glisser sous nos vêtements, nous manger par l'intérieur s'effraya Jules.
- C'est un cauchemar ! Au secours . hurla Jean. Fais quelque chose, Jules ! C'est le moment de te servir de tes pouvoirs.
- Ha ha ha ! rigolèrent les rats tous en chur. Ses pouvoirs ne peuvent rien sous la terre. Il te l'a pas dit, ça ! "
C'est ainsi que les deux humains comprirent qu'ils n'avaient pas affaire à n'importe quels rats :
" Vous parlez notre langue ! s'étonna Jean.
- Pas uniquement la vôtre, hé p'tite tête ! Toutes les langues ! De tous les peuples qui nous nourrissent depuis si longtemps. Hé hé Vous nous avez toujours tenus pour une espèce intelligente parmi les espèces intelligentes. Vous n'aviez pas tort et nous avons mis notre intelligence à profit : nous nous sommes cultivés ! Toutes vos connaissances, nous les avons acquises grâce à vos déchets. Tous vos rebuts, nous les avons étudiés, assimilés, compris Maintenant, vous voyez, c'est nous qui avons pris la main ! "
Celui qui parlait n'était pas différent des autres.
" Sont-ils tous aussi intelligents ou celui-ci est-il le plus évolué ? se demandaient Jules et Jean.
- N'ayez pas peur, intervint un autre. On ne vous mangera pas. On a suffisamment de quoi avec vos déchets.
- On ne vous mangera pas, mais il va falloir que vous nous donniez la place que nous méritons sur Terre, ajouta un troisième. "
C'est drôle, maintenant, ils prenaient la parole à tour de rôle, comme s'ils avaient lu dans les pensées des deux garçons.
" Sans quoi, c'est nous qui prendrons votre place. C'est pourquoi nous avons bloqué le système d'évacuation de vos ordures. Pour vous montrer de quoi nous étions capables !
- Et, si vous ne nous prenez pas au sérieux, vous vous engloutirez vous-mêmes sous vos propres déjections, gri, gri, gri "
Cette idée déclencha un fou-rire généralisé.
" Gri, gri, gri répétèrent-ils, tous ensemble. "
Un grésillement métallique qui se propagea dans le réseau du collecteur et qui s'amplifia comme si tout le peuple rat riait au diapason.
" Mais qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? se défendit Jean.
- Oui, qu'est-ce que vous attendez de nous ? reprit Jules.
- C'est très simple, répondit le premier des rats qui avait parlé. "
Il se frottait les pattes antérieures comme quelqu'un qui savoure d'avance la bonne blague qu'il va raconter :
" Voilà !
CM2 Combs la Ville |
Tout dabord "
Ses yeux devinrent rouges, il fixa Jean et Jules et prononça cette formule :
" ABRACADABRA
Dans la vallée de Dana
Vous deviendrez des rats . "
A cet instant, les deux humains se transformèrent en petits rongeurs aux moustaches frétillantes.
Jules fut le premier à réagir :
" Mais quest-ce qui nous arrive ? Nous sommes devenus des rats ! Quelle horreur !
- Nous vous avons transformés car vous allez avoir à accomplir trois épreuves pour lesquelles il vaut mieux être rat. Si vous réussissez vous redeviendrez humains.
-Tout dabord, nous, le peuple des rats Civilisés (P.R.C) on en a ras la casquette des déchets chimiques .
-Ouais ! Tout ce raz-de-marée pollue nos déchets comestibles, poursuivit un autre rongeur .
-Il ne manquerait plus quil nous parle du dieu du soleil égyptien . Tu sais Râ ! dit Jean à Jules discrètement .
-Qu est- ce quil dit ? sinquiéta un des rats .
Celui qui semblait être le chef répondit :
-J en sais rien, ce nest pas important . Donc les déchets chimiques doivent disparaître . Cest votre première mission, et je vous rappelle que vous devez laccepter sans quoi, cest nous qui prendrons votre place et vous resterez comme vous êtes . "
Le rat qui se tenait au deuxième plan enchaîna :
" La deuxième épreuves sera dempêcher lhomme à la camionnette de nous faire exterminer. En effet, nous avons appris par nos service de renseignements quil projetait dengager des exterminateurs de rats professionnels.
- Oui, des ratons laveurs, dit un des autres animaux.
Mais non imbécile ! Des spécialistes de la dératisation.
Enfin pour la troisième, il sagit de résoudre une énigme. Il sagit de ronger le filet dans lequel est emprisonné le lion.
- Oui, nous avouons que cette épreuve reste une énigme pour nous également ; cest un vieille histoire que nous nous racontons de génération en génération. En fait, nous navons jamais vu de lion. Alors BONNE CHANCE ! Ah ! Jallais oublier deux petits détails. Nous avons rebouché laccès par lequel vous êtes arrivés.
Sympathique ! Et le deuxième ? demanda Jules.
Confisqués les émetteurs- récepteurs et les masques à oxygène ! Vous nen avez plus besoin ! Maintenant, vous êtes des rats gri, gri, gri "Le chur des rats retentit partout.
Les deux amis sobservèrent tristement. Jules dit :
" - Donc, il faut que nous trions tous les déchets.
-Je crois quencore une fois nous navons pas le choix. "
Ils se mirent au travail, mais avec leur petite patte, cela navançait guère. De toute façon, même sils avaient eu les plus grandes pattes du monde, il naurait pas été au bout de leur peine
Après quelques heures de dur labeur, Jean nen pouvait plus. Il sarrêta et dit :
" Je maudit ce jour où jai quitté ma maison. Tout était si doux là- bas ! Jamais nous ne finirons "
Jules sentant son compagnon très découragé, sarrêta également et chercha à le soutenir :
" Cest vrai, tu as raison. Nous ne sommes pas sortis de lauberge.
Tu parles dune auberge ! "
A ces mots, Jules réfléchit et prit la parole avec une voix que son camarade ne lui connaissait pas : " Nous devons réagir. Faisons le point de la situation. Nous sommes transformés en rat. Nous devons faire trois épreuves qui nous paraissent toutes plus impossible les unes et les autres. Je ne voit quune solution Ah, oui ! Laquelle ? Gros malin ! Nous devons ressortir, ainsi je pourrai peut-être utiliser lun de mes pouvoirs. "Ceci napporta que peu despoir à Jean. Cependant, il murmura :
" Mais comment ? Laccès est rebouché !
Bon, rappelle- toi, le responsable du P.R.C. nous a dit quil fallait mieux être rat pour résoudre nos problèmes. Peut-être quune voie par laquelle seul un petit animal peut passer nous mènera à lextérieur ? Il faut que nous cherchions.
Maintenant, je suis prêt à tout tenter. "
Ils eurent beaucoup de chance, si lon peut dire, car ils trouvèrent un petit passage au bout de quatre heures " seulement ". Le minuscule couloir menait bien à lextérieur. Le soleil leur fit mal aux yeux. Ce nest quau bout de cinq bonnes minutes quils purent distinguer les détails qui les entouraient. Peut-être une agréable surprise et non, lendroit était vraiment très sale.
Jean, le premier, réussit à prendre la parole :
" Nous sommes sauvés !
-Je te rappelle que nous sommes toujours des Rats ! Et que les déchets sont toujours là.
Oui, mais tu peux utiliser tes pouvoirs puisque nous sommes à lair libre.
Je vais essayer de réunir mes forces pour que tous les Rats qui se trouvent en surface se mettent au travail.
Et puis tu devrais leur dire de convaincre tous ceux qui se trouvent sous terre den faire autant. "
Jules fit des choses qui sont difficiles à expliquer :des phrases, des gestes, des cris, des ? ? ? , et plein dautres choses.
Le résultat ne se fit pas attendre ; non seulement les Rats se mirent au travail de tri (apparemment sans sen rendre compte), mais en plus lhomme à la camionnette apparut, participant gaiement à toutes ces activités joyeuses. Il prit même la parole :
" Vous tous, membres du Peuple des Rats Civilisés, quand je vous vois tous entrain de trier ces déchets, je suis ému. Cest pourquoi je nappellerai jamais les exterminateurs que javais contactés.
Il avait raison, deux des épreuves étaient réussies car les rats avaient été très efficaces grâce aux pouvoirs de Jules.
Quant à la troisième épreuve personne ne savait comment sy prendre.
Cest à ce moment que Jean découvrit un livre à moitié dévoré, son regard fut attiré par un mot écrit avec une majuscule :cétait le mot RAT.
Il sapprocha et découvrit une phrase :
LAttila, le fléau des Rats
Rendait ces derniers misérables.
La couverture laissait apparaître des syllabes : . DE .. FONTAINE
-Voilà peut-être la solution à tous nos problèmes ?
Ils feuilletèrent louvrage en essayant de déchiffrer les mots parfois incomplets
Mais les mots défilaient sous leurs yeux sans révéler le moindre indice. Alors ils revinrent en arrière et se replongèrent dans lénigme de cette couverture au titre mystérieux.
" FONTAINE FONTAINE FON TAINE ,répétait à haute voix Jean .Quel rapport avec le mot RAT ?
-Attends, jai peut-être trouvé , sexclama Jules. RATS DE LA FONTAINE, il sagit peut-être de
-Mais que pourraient bien faire des rats dans une fontaine ?, interrompit Jean.
-Tu as raison. Ca na aucun sens !
-Cela pourrait être alors EAUX , EAUX DE LA FONTAINE, des eaux aux vertus
-Oui, mais quel rapport encore avec " LATTILA, le fléau des rats le lion quil faut délivrer de son filet Tu as vraiment trop dimagination ! ! ! "
Tout en discutant, Jules trottait sur les pages déchiquetées. Il plantait de temps à autre, nerveusement ses griffes accrocheuses dans le papier usagé pour mieux tourner les pages. Certaines avaient déteint, dautres rétréci ; lencre sétait étalée , lécriture était devenue illisible à certains endroits. Ce qui ne les aidait pas dans leur recherche ! Cétait un vrai casse-tête !
Jules sarrêta alors sur une feuille marbrée de noir, toute moisie laissant quand même deviner certains mots :
-Regarde ces pages. Je crois bien que la clé du mystère est là. Tu ne remarques rien ? Ces mots ces bouts de phrases Renard Maître corbeau fromage odeur alléchée cigale lété famine je chantais.
-Je me souviens ; quand jétais petit, ma mère me les lisait souvent avant de mendormir. Je les ai entendues des centaines de fois. Ce sont des fables !
-Et moi, je les ai apprises à lécole ; je les connais par cur .Tu tsouviens qui les a écrites ?
-Mais oui ,cest Jean
-C était toi ?
-Mais non gros bêta. JEAN DE LA FONTAINE ! ! ! "
Ils samusèrent à en déchiffrer dautres. Cela ne faisait aucun doute ;il sagissait bien dun fablier.
Mais comment allaient-ils maintenant expliquer aux rats que cette vieille légende ancestrale qui les effrayait tant nétait quune histoire imaginaire quun conteur avait écrit pour le plaisir des grands et des petits ?
Comment allaient-ils les convaincre que le lion pris dans les rets nétait autre que le héros de la fable LE LION ET LE RAT ?
" Ils ne nous croiront jamais, sinquiéta Jean. Ils pensent que pour se protéger dAttila, il faut délivrer ce fameux lion.
-Pas de panique, ajouta Jules, nous allons leur faire croire que nous lavons libéré et leur en apporter la preuve.
-Mais comment ?Où ?Ils sont méfiants et demanderont à le voir !
-Voilà comment nous allons nous y prendre. "
Et Jules murmura ses projets à loreille de Jean ,de peur dêtre entendu.
Aussitôt chuchoté, aussitôt fait ; ils se précipitèrent vers lentrée de la galerie où les attendaient, les pattes dressées, les rongeurs ricaneurs. Ils leur annoncèrent leur victoire, tout excités, et attendirent la tombée de la nuit pour les emmener juger de leurs propres yeux.
Pourquoi à la tombée de la nuit ?Jean et Jules avaient remarqué depuis leur arrivée, chaque soir, un gorille engouffré dans les détritus jusquau cou, occupé à se goinfrer. Comme le P.R.C. navait jamais vu de lion, il serait facile de les tromper et de les impressionner , vu leur taille !
En sapprochant de la décharge, une odeur pestilentielle leur fit dresser les moustaches et les stoppa dans leur élan , non loin du tas dordures. Là, ils se postèrent derrière des boîtes de conserves éparpillées sur le sol et inspectèrent les environs. Cest alors que la bête affamée surgit, en poussant des cris épouvantables. Les rats terrorisés, tremblant des pattes au museau
le poil hirsute, ne voulurent pas rester davantage. Ils en avaient assez vu.
Ils regagnèrent leur trou ,soulagés. Ils ne craindraient jamais plus Attila ni ses châtiments maintenant que leur sauveur était en liberté.
Le chef prit alors la parole tandis que les autres sautaient de joie :
-Vous nous avez sauvés ! Comment vous remercier ?
-C est facile !, sempressèrent de dire en chur Jean et Jules.
-Rendez-nous notre apparence humaine, ajouta Jules, nos masques
-Et nos émetteurs récepteurs, sétouffa Jean. Nous vous en serons très reconnaissants.
-Mais, bien sûr !Vous lavez bien mérité.
A ces mots , il ajouta ceux dune formule réparatrice de mauvais sort :
WULULI WULA WA !
DANS LA VALLEE DE DANA
QUE LE MAUVAIS SORT SOIT ROMPU
QUE, RATS, ILS NE SOIENT PLUS
Foi danimal, foi de rat !
A ce moment-là, les deux jeunes sentirent des picotements et des chatouilles sur tout le corps. Leurs poils tombèrent en un éclair, leur colonne se redressa et sous les yeux en amande de centaines de rats, deux grands gringalets apparurent. Sous les acclamations des rats enchantés, Jean et Jules se dévisagèrent. Heureux de cette transformation, ils remercièrent le P.R.C. et remontèrent en surface.
Les premiers pas furent hésitants car ils avaient perdu la notion de léquilibre sur deux jambes et la lumière les éblouissait. Quand ils purent enfin ouvrir grand les yeux, ils découvrirent Déchetville métamorphosée.
Grâce aux rats de la ville et à lhomme à la camionnette, elle avait retrouvé ses charmes perdus et sétait embaumée de parfums oubliés.
Depuis combien de jours navait-elle pas mis à jour sa garde-robe ?
Jean et Jules la parcoururent, la joie de vivre retrouvée. Ils étaient prêt à tout pour redonner un grand bol dair pur et la faire revivre.
-Mais pourquoi tu nutilises pas tes dons pour redonner VIE ,aux plantes, aux arbres, et à ce petit homme collé à son chewing-gum ? ",sétonna Jean.
Jules comprit combien cela était important aux yeux de Jean, qui avait longtemps imaginé , dans ses rêves, ce monde inconnu ,plein de merveilles , qui ,depuis son grand départ , lui avait exposé jalousie, méchanceté, injustice rien que les mauvaises choses !
Il concentra toute son attention dabord sur les fleurs qui sortirent de leur long sommeil, toutes décoiffées puis, quand vint le tour des arbres, retentit un bruit fracassant ; à sa grande stupeur, le cratère alors assoupi, se remettait à vomir des déchets. Tous leurs efforts nallaient donc servir à rien ?
Ils ne tenaient plus et se ruèrent vers le cratère. Quel ne fut pas leur étonnement quand ils reconnurent au loin deux silhouettes qui leur était familières . Cétait incroyable ! Nétait-ce pas Galfio et Jack ? Que faisaient-ils là ?
Lorsquil les vit, Jules se jeta à plat ventre en entraînant Jean avec lui :
" Walech darorh ! sexclama-t-il. "
Et il se repentit aussitôt davoir parlé dans la langue de sa planète.
Jean le regarda, stupéfait tout à la fois de se retrouver par terre et de prendre conscience que les péripéties de leur vie de rat lui avaient fait oublier que Jules venait dun autre monde. Qui sait même, si son allure humaine nétait pas quune apparence ? Une sorte de déguisement imité à la perfection ?
" Oui je sais, dit Jules qui semblait deviner les pensées de Jean, il faudrait que je te donne quelques explications, mais le moment est vraiment mal choisi, avec ces deux énergumènes à proximité. "
Jules prononça ces derniers mots dune manière très étrange. On sentait quil connaissait le trapéziste et le clown, quils avaient en commun des souvenirs bien plus anciens que les quelques temps passés au cirque et, en lécoutant, une très brève intuition salluma dans lesprit de Jean : Jack et Galfio, en réalité, nétaient pas Jack et Galfio !
" Ce ne sont pas leurs vrais noms, nest-ce pas ! demanda Jean. Cest une fausse identité.
- Oui, admit Jules, sans chercher à dissimuler la vérité. De la même manière que, moi non plus, je ne mappelle pas Jules... "
Jean resta silencieux, comme foudroyé par cette révélation, à dévisager cet être quil continuait de considérer comme son ami.
" Je viens de la planète Ishtar, du système solaire dEnlil, dans la galaxie dEcoumène et je mappelle Beltoch. Traduit dans la langue terrienne, cela signifie à peu près " Puissance de la nature ". Je ne peux pas prononcer le nom des deux autres. Parce que je les attirerais vers nous et puis, parce que nommer le mal renforce le mal ! Je suis venu sur votre planète pour les ramener dans notre système solaire. Ils ont des comptes à nous rendre. Dailleurs, à peine débarqués sur ta planète, ils ont donné libre cours à leur immense pouvoir de nuisance. Rappelle-toi lincendie du cirque.
- Je me souviens Mais, il ny a rien dans ce délit, qui révèle leur appartenance à un autre monde.
- Rien ? Tu trouves ? Réfléchis bien Si tu avais commis un tel acte, crois-tu que tu ten serais tiré aussi facilement ? Sans être arrêté par la police, jugé, condamné à réparé ?
- Cest vrai ! Eux nont été que renvoyés par le directeur.
- Voilà, tu as compris ! Cest à cela quon voit leur force : nuire, détruire, sans jamais être inquiétés.
- Cela paraît à peine croyable. Mais cest vrai que personne ne sest étonné que la police nintervienne pas. Ils ont été licenciés et les choses ont repris leur cours, comme si risquer la vie de centaines de spectateurs nétait pas si grave que ça... "
Soudain, Jules fit signe à Jean de se taire. Il ferma les yeux et écouta, la tête légèrement tournée vers le ciel. Il était dune concentration absolue et, pendant un bref instant, Jean vit passer sur son visage des images de la ville qui venait de reprendre vie et dont des quartiers, déjà, commençaient à faner.
" Dihrk Lhabadeh ! sacra Jules. Leur sale besogne gagne du terrain ! "
Puis, il expliqua à Jean :
" Le cirque, tu sais, ce nétait quun coup dessai ! Après, ils ont donné libre cours à leurs talents Tu vois à quoi je fais allusion ? "
Et soudain, Jean comprit :
" Quoi ! Tu veux dire que Déchetville, cest eux ! sexclama-t-il.
- On ne peut rien te cacher. Déchetville, cest eux, en effet ! acquiesça Jules. Et, ils ne se sont pas arrêtés là, tu peux me croire.
- Il ny a pas quun seul Déchetville à la surface de la Terre, cest ça ?
- Hélas non. Et pour chacun, ils ont su inventer des variantes. Quand vous découvrirez tout ce quils ont fait, vous aurez de la peine à ladmettre !
- Alors, le cratère qui recommence à vomir Cest aussi eux ?
- Oui ! Ils nont pas été longs à réagir, nest-ce pas ?
- Mais attends, je ne comprends plus rien. Déchetville, je croyais que cétait les rats qui en avaient pris le contrôle à force de se nourrir des déchets des hommes.
- Ils ont cru prendre le contrôle de la ville. En réalité, ils ont profité dune situation provoquée par dautres.
- Jack et Galfio ?
- Parfaitement ! Et, tu vas voir leur habileté : les rats qui se croyaient les maîtres risquaient à leur tour, de se faire exterminer
- par Jack et Galfio, les fameux exterminateurs professionnels ! Ainsi, après sêtre débarrassés des hommes, ils allaient se débarrasser des rats !
- Tu as tout compris. Ils ont toujours agi de cette manière !
- Les vicieux ! "
Jules et Jean se turent. Au loin, lhorrible gargouillis du cratère résonnait de son infâme musique. Jean était anéanti :
" Mais comment se fait-il que vous les ayez laissé faire si longtemps ! sexclama-t-il, impuissant à trouver une solution.
- Cela peut paraître incroyable, mais on navait pas vraiment conscience du danger quils représentaient. Au début, on a commencé par vouloir les éduquer. Et quand on a vu quon narrivait à rien, on les a exilés ; notre plus grave erreur. Ils ont semé le désordre et le mépris dans toutes les terres habitées de notre système solaire. Cest alors que nous avons pris conscience que leurs actes étaient si puissants que notre système solaire commençait à en être déséquilibré ! En effet, on observait des aberrations dans les orbites des planètes, certaines atmosphères se réchauffaient. Ils devenait urgent de les arrêter. Mais le temps avait passé. Ils étaient avaient plusieurs fois changé de galaxie. Leur trace ma conduit sur votre Terre. Je nai eu aucune peine à les suivre. Dans lespace, les régions quils ont traversées sont plus chaudes. Ce sont de vastes territoires qui sont maintenant contaminés par cette chaleur. "
Jean écoutait Jules. La colère montait en lui. Soudain, il dit :
" Jai une idée. A deux contre eux, on narrivera à rien. Mais on a des alliés.
- Les rats ?
- Oui ! On les as libérés du lion. Ils nous doivent un service. "
A cet instant, deux éclairs jaillirent des ordures qui commençaient à samonceler et sabattirent sur Jules :
" Kristreb garik karodh !
- Gorhoki kabak ragrha doukh ! hurlèrent Jack et Galfio.
- Walech darorh ! cria Jules en se débattant. "
Mais les deux malfaiteurs avaient lavantage de la surprise. Jules succomba vite.
Jean nhésita pas un instant. Voyant quil nétait pas de taille à délivrer son ami, il senfuit sans insister. Il savait où il allait et il le pensa très fort, en espérant que Jules comprendrait ses intentions.
Il se dirigeait tout droit vers léchangeur 24, par où ils étaient descendus sous la ville ; là où, pour la première fois ils avaient rencontré le peuple rat !
Il y pénétra et rejoignit ses amis . Il leur expliqua tout ce qui sétait passé depuis quils sétaient quittés.
" Oh, mon Dieu ! Mais ce sont les deux fameux exterminateurs dont nous parlait si souvent lhomme à la camionnette, sexclama le chef, inquiet.
- Oui, ce sont eux. Et il faut à tout prix sauver ce pauvre Jules, implora Jean. Ils sont vraiment trop dangereux et prêts à tout pour dominer et imposer le MAL partout dans lunivers.
- Oui, mais nous avons trop peur. Ils sont puissants et vont nous réduire en bouillie
- Mais non, courage ! Rappelez-vous de cette fable " Le lion et le rat " qui dit quon a souvent besoin dun plus petit que soi. Cest la morale de cette histoire. Il faut y croire !
Les plus petits peuvent souvent être utiles aux plus puissants.
Et puis savez- vous que ce sont ces deux crapules qui sont à lorigine de tous vos problèmes ? Cest Jules qui me la dit. Vous êtes en fait les habitants de Déchetville. Ils vous ont métamorphosés en rats pour vous dominer et si vous nagissez pas, alors ils détruiront la ville et vous avec !
- Qu est- ce que tu racontes ? Tu dis cela pour nous convaincre ajouta le chef.
- Non, c est la vérité ! Jules te le confirmera, insista Jean.
Et sil avait raison, réfléchit, tout haut, le plus jeune dentre eux. Nous ne pouvons pas rester sans rien faire. Unissons toutes nos forces , usons de notre imagination pour délivrer
Jules et sauver notre peau. Allez, en avant ! "
Par centaines, ils se mirent en route avec Jean et, le chef des rats, en tête.
Pour parvenir jusquau cratère, ils empruntèrent des galeries souterraines, parfois trop étroites pour Jean mais rien ne larrêtait.
" Mieux vaut ramper et se salir plutôt que se cogner la tête à chaque pas ! , pensait Jean. "
Ils fouillèrent et explorèrent les moindres recoins pour retrouver Jules. Sans succès .
Jean, inquiet pour son ami, eut soudain une idée et demanda aux rats sils avaient un bon flair.
" Oh, bien sûr, ce serait tellement plus facile si nous connaissions lodeur particulière de ton ami, précisa le chef du P.R.C.
- Attendez, je crois avoir ce quil vous faut. Voici son émetteur récepteur. Quand vous nous les avez rendus, vous vous êtes trompés et vous les avez échangés.
- Cest parfait ! Laisse- nous nous en imprégner.
Chaque petit rongeur le renifla en profondeur, concentré à capter les ondes qui les mettraient sur la trace de Jules.
Puis ils reprirent leurs recherches , guidés par leurs petites moustaches détectrices. Ils progressèrent dans un passage , lugubre, quand soudain, surpris par un torrent de déchets nauséabonds qui fonçait sur eux , ils durent rebrousser chemin. Ils coururent " à toutes pattes " et se réfugièrent dans un abri quils navaient pas remarqué à laller , tant il était sombre et bien dissimulé derrière des canalisations. Ils s y entassèrent et refermèrent avec .précaution la porte derrière eux.
Ils étaient là depuis quelques secondes, quand lun deux sécria :
- Venez- voir, il y a quelquun là , dans ce coin !
Tous savancèrent. Dans la pénombre, ils reconnurent, Jules , recroquevillé dans un coin, ligoté et bâillonné.
- Vite, emmenons- le dehors avant que Jack et Galfio ne reviennent.
Les rats déployèrent toutes leurs forces pour transporter Jules, qui était sans connaissance, lui rongèrent les liens et lui tapotèrent les joues afin de le réveiller.
Jules, reprenant peu à peu ses esprits, les remercia.
- Ah, me voilà enfin libéré ! soupira- t- il en prenant une grande bouffée dair. Merci les amis, merci beaucoup . Jai bien cru que je nallais pas men sortir ; Jack et Galfio voulaient me faire disparaître et menvoyer sur une planète inhabitée où jaurai fini par mourir, par manque dair , tous mes pouvoirs anéantis. Mais vous êtes arrivés et vous mavez sauvé ! Je vous dois la vie et quelques explications . Jean vous a peut-être déjà raconté ! "
Il leur expliqua que ces deux vauriens leur avaient dabord volé leur apparence humaine, puis détérioré leur mémoire pour les rendre impuissants et pouvoir installer un réseau de trafic danimaux et de défenses déléphants sans être gênés dans leur projet .
Sans plus attendre, il leur rendit leur forme humaine et tous sautèrent de joie .
" Dépêchons- nous, rappela Jules. Ils sont partis faire les derniers préparatifs et vont reparaître dun moment à lautre.
- Maintenant, travaillons notre plan dattaque, sempressa de dire Jean.
- Jai une idée, sécria un habitant, on pourrait aménager des pièges, à lentrée de la savane.
- On pourrait creuser un grand trou, le recouvrir de feuilles et les attirer sans quils se méfient, dit un autre . "
Ils se rendirent sur les lieux et se mirent tous à louvrage, creusant, camouflant Les pièges furent vite prêts.
- On aurait maintenant besoin dun appât, reprit Jean. Qui serait volontaire ?
Mais personne ne voulait lêtre, craignant de subir à nouveau les mauvais traitements de ces scélérats.
Alors Jules se désigna, promettant dêtre prudent.
Il regagna le cratère, laissant ses amis se mettre en position, prêts à intervenir lors de la capture et attendit le retour des deux malfrats. Il se fit remarquer aussitôt pour quils se lancent à sa poursuite. Une course folle , pleine de ruses, les pouvoirs de lun contre les pouvoirs des deux autres, les conduisit à lendroit prévu.
Les deux gredins réussirent à éviter les deux premiers pièges, par chance, mais tombèrent dans le troisième sans sy attendre, vociférant contre Jules.
D
u fond de leur trou, ils sagitaient dans tous les sens et hurlaient.Aussitôt pris, Jules leur cria : " Au nom de la loi ishtérienne, je vous arrête ", et sans attendre , il les immobilisa à laide de menottes intergalactiques et dun masque de fer, leurs pouvoirs rendus ainsi inutilisables.
Il déploya alors toute sa puissance surnaturelle et les expédia dans une prison de sa planète où ils furent accueillis par un juge et un gardien qui les reconnurent et les enfermèrent aussitôt. Jules ne les avait pas accompagnés car il voulait encore rester avec son ami pour explorer ce monde.
Tandis que jack et Galfio étaient jugés et condamnés à être congelés pour que soient rompus leurs pouvoirs maléfiques, Déchets-Ville reprenait sa vie normale et la surface de la terre était nettoyée de leurs mauvaises actions.
Jean et Jules avaient tout fait pour réparer lusine de traitement de déchets depuis larrestation et lextradition des deux traites. Ils sétaient mis au travail plus vite quun cheval au galop ! Grâce à ses pouvoirs, jules avait dans un fracas épouvantable rétabli le système dévacuation des ordures. Les habitants retrouvaient leur ville comme avant. Les commerces reprenaient leur activité, les enfants le chemin de lécole. ils y apprenaient de nouvelles fables en souvenir de leur mésaventure.
Jules était heureux : il avait accompli sa mission. Maintenant, il ne lui restait plus quà éclaircir laffaire du cirque avec M. Menez, son directeur. Il devait bien cela à Jean ! il proposa au maire de Déchets-Ville de recevoir le cirque Mondo-Mondo pour quelques représentation dans sa ville. Un matin, un convoi de caravanes débarqua à la grande surprise de Jean. Quand le directeur aperçut les deux aventuriers il les accueilli à bras ouverts.
" - bonjour ! quelle surprise de vous voir ici !
- Nous voulions vous rencontrer pour vous expliquer ce qui sest passé lors de notre dernière représentation.
- Nen parlons plus. Cest un mauvais souvenir.
- Si, si, au contraire, nous avons des choses importantes à vous apprendre. Jules lui raconta alors toute lhistoire : sa mission sur Terre, la véritable identité de jack et Galfio, leur projet de nuire et de détruire, leur culpabilité dans la dernière représentation. Le directeur lécoutait, les yeux écarquillés, mêlés de curiosité et de colère, la bouche bée. Il sexcusa auprès deux :
- Je suis désolé. Javais tellement confiance en Jack et Galfio, à mon service depuis dix ans, que je vous ai accusés sans preuves, ne vous connaissant pas assez. Allons fêter nos retrouvailles dans ma roulotte. " M. Menez leur offrit un verre dorangeade et quelques friandises. Jean était émerveillé par le décors soigné de la roulotte. Son regard se promenait discrètement dans toute la pièce et finit par se poser sur un rameau daubépine placé sur une commode et un photo sur laquelle posait le directeur, un femme et sans enfant dans les bras. Il détailla cette femme, il la connaissait, elle ressemblait étrangement à sa mère, plus jeune. Il ne put résister et posa quelques questions à M. Menez.
" - Cest votre femme et votre enfant ?
- Oui répondit-il fièrement, mais je ne les ai pas vus depuis longtemps. Hélas ! Il y a dix ans, suite à un accident de trapèze, lorsque je décidait de monter mon propre cirque et de partir à laventure sur les routes ma femme refusa de me suivre à cause de notre fils, elle voulait lui assurer un avenir convenable et prometteur et lui permettre de faire des études.
- Comment sappelait votre fils ? enchaîna Jean impatient.
- Il sappelait Jean.
- Et votre femme.
- P Patricia.
- Mais, bégaya jean, très émus, la gorge serrée, les larmes aux yeux, vous êtres mon père ! Ma mère ma parlée de vous quand jai pris la décision de faire carrière dans le cirque. Elle mavais remis un rameau daubépine comme celui qui se trouve posé sur votre meuble. Regardez. " Il le sortit tout froissé.
M. Menez ny tenait plus, se leva et enlaça Jean. Il ne trouva aucun mot pour exprimer sa joie mais le serra très fort. Jules nen croyait pas ses oreilles ni ses yeux. Un bonheur total lenvahissait. Sans tarder, Jean pris la décision dinviter sa mère au spectacle le soir même ce quelle accepta avec empressement. La séparation lui avait semblé très longue. Mais il avait été décidé que le père de Jean, M. Menez, ne se manifesterait pas. Elle ne le découvrirait que lors de la représentation pendant son discours.
Son émotion fut grande ce soir-là quand au début de la représentation, elle vit paraître sur la piste cet homme quelle navait jamais cessé daimer. Elle bouillait dimpatience de l e retrouver, quitta le chapiteau et risqua les coulisses. Dès quil laperçut, il sélança vers elle.
Jean les rejoignit, le cur remplis de joie. La famille enfin réunit allait pouvoir prendre la route de laventure.
Jean demeura encore quelques mois aux côtés de Jean, pour lui enseigner le métier de dompteur. Jean avait décidé de succéder à Jules.
A l'année prochaine...