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Un outil au service des apprentissages

Il est difficile d'établir des conclusions définitives sur les apports en terme de compétences. Les projets menés possèdent un caractère expérimental du fait de l'importance des moyens humains engagés (par contre les moyens matériels sont les mêmes que dans la plupart des écoles). Une réelle évaluation sur l’évolution des compétences des élèves reste à effectuer. Il sera toutefois toujours difficile de mesurer l'exact impact de l'outil.

Nous pouvons cependant avancer qu'Internet est un instrument privilégié pour les enseignants engagés dans des projets collectifs. La communication nécessaire entre les partenaires pour mener à bien une réalisation puis sa publication (créer un site Web est beaucoup plus simple qu'éditer un livre) développe la sociabilité autour de l'écrit. Le regard de l'autre donne du sens. L'élève écrit, parle, échange autour de son écrit ou de celui des autres. Un vrai travail de compétences textuel aura dès lors tout son sens et les quatre niveaux d'analyse seront abordés : [pragmatique (quels sont les enjeux ?) ; sémantique ; morphosyntaxique et aspect matériel de l'écrit].

 

Les conditions de réussite d'un projet

La préparation est bien sûr essentielle. Pour le projet Ecriture tournante, le premier trimestre est consacré à étudier les œuvres de Jacques Cassabois et à se préparer à l'écriture (fiche de vocabulaire, travail sur l'expansion du groupe verbale, sur les poses narratives, les descriptions, la personnification des objets…). Pour le Cyber Echos, les élèves découvrent la presse jeunesse, l'écrit et l'image de presse. L'utilisation de l'ordinateur, du traitement de texte, de la messagerie électronique est indispensable également.

Un contrat négocié entre les élèves et le maître ainsi qu'avec tous les partenaires est nécessaire. Est-ce le projet de l'enseignant ou de la classe ?

Sans climat de confiance, il est difficile de mener à bien un projet : "je dois compter sur l'autre mais il peut compter également sur moi". Connaître ses partenaires permet de mieux accepter les difficultés de fonctionnement, nous l'avons constaté dans l'échange avec les classes de San Francisco. Leurs contraintes organisationnelles et institutionnelles sont importantes et ont détourné parfois leur motivation. Un projet, surtout international, se construit dans la durée.

Beaucoup de lectures sont nécessaires dans tous ces projets. Lire (pour connaître l'écrivain, d’autres écrivains, la presse) pour mieux écrire se vérifie, l'inverse également.

Le rôle de chacun doit être clair. La responsabilité et la place de chacun doivent être clairement définies. L'écrivain ou le formateur ne se substitue pas à l'enseignant, l'enseignant n'écrit pas à la place de l'élève.

Un calendrier précis avec la définition des actions à accomplir permet à chacun de mieux s'impliquer dans le projet.

Une bonne communication est en outre indispensable. Les outils ne se substituent pas à la volonté des acteurs d'informer les partenaires des retards, des difficultés mais aussi des moments forts, des réussites de l'entreprise. Des échanges plus personnels donnent au projet une dimension supplémentaire. Ce que Jacques appelle la rencontre intime avec les enfants. Cela n'est possible que si l'ordinateur est disponible dans la classe, que son accès soit libre, son utilisation encouragée par l'enseignant et que la confidentialité des messages soit préservée autant que faire se peut.

Tout projet doit être médiatisé. Le virtuel a ses limites, les acteurs ressentent la nécessité de se rencontrer. Nous avons pu mesurer depuis trois ans, le décalage dans la motivation entre les partenaires qui restaient "numériques" et ceux qui se voyaient en chair et en os. Ceci est autant vrai pour les enseignants que pour les élèves. C'est généralement après la visite de l'écrivain dans les classes qu'un dialogue s'engage, c'est après le stage des professeurs stagiaires à San Francisco que nous ressentons une réelle implication de nos partenaires.

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