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Prendre en
compte les changements de société : De lécriture au microprocesseur.
"Limprimerie a généralisé la communication par signes et symboles et rendu accessible les connaissances accumulées par les hommes. Laccélération est prodigieuse, lécriture sumérienne a 5000 ans, lindustrialisation de lécriture par limprimerie et le livre ont 500 ans, le stockage puis les traitements électroniques (textes, images, sons) environ 50 ans, quant à la numérisation qui traite tous les types dinformation, elle a à peu près 5 ans. Avant la numérisation, les supports étaient incompatibles (papier, film, pellicule etc.) Aujourdhui, la transmission de linformation numérisée est indépendante du moyen de transport (fil du téléphone, satellite de télévision ou câble). Sa qualité reste parfaite et son stockage est moins onéreux. La numérisation et la circulation des bits dinformation dans les réseaux sont analogues à la révolution crée par linstauration de la monnaie dans les réseaux de léconomie. Le troc ralentissait et limitait le temps, la monnaie, en ajoutant un espace supplémentaire dexpansion et en contractant le temps et lespace, a fait exploser léconomie mondiale.
Le multimédia est un nouveau langage de communication, fusion des quatre formes principales de communication : lécrit (presse, magazine, livre), laudiovisuel (télévision, vidéo, cinéma), les télécommunications (téléphone, satellites, câble) et linformatique (ordinateurs et logiciels). "¹
Quelques changements fondamentaux
Dune information analogique, nous
sommes entrés dans une société où linformation est numérique ; le
développement des microprocesseurs a modifié notre vie quotidienne. Les capacités de
calcul et de
communication ont été démultipliées ; la notion de réseau est primordiale ; les
télécommunications connaissent un très grand développement ; les supports de
linformation (espace et temps) changent.
Prendre en compte la volonté politique : la maîtrise des technologies de communication est une priorité gouvernementale
Extrait du discours du Premier Ministre à Hourtin (25 août 1997)
Préparer lentrée de la France dans la société de linformation
" Première priorité : la bataille de lintelligence commence à lécole.
Le développement en milieu scolaire de lutilisation des technologies de linformation répond à un double objectif :
Les B.O.E.N n° 10 du 7 mars 1996 et n° 18 du 1er mai 1997 insistent sur la nécessité de généraliser lusage des technologies de communication. De nombreux rapports et déclarations ont également souligné cette importance (rapport sur les NTIC : de lélève au citoyen, Franck Séruclat 1997, Assemblée Nationale ; Multimédia et réseau dans léducation, Alain Gérard, sénateur, rapport présenté à M. le Premier Ministre, mai 1997 ; Conférence du Ministre de lEducation Nationale, 24 juin 1997, article de M. Allègre paru dans le Monde du 6 février 1998).
Prendre en compte les enjeux
Enjeux de société
Les enjeux sont considérables puisquils concernent la formation du citoyen et légalité des chances. Lécole doit être le lieu où les enfants de milieux défavorisés ou ruraux devront avoir laccès à ces outils de communication sous peine dapprofondir les inégalités face au savoir et de créer une nouvelle incompétence : "l'analphabétisme technologique".
Enjeux pédagogiques
La vitesse dapparition et le renouvellement des savoirs et des savoir-faire sont tels, quaujourdhui la plupart des compétences acquises par une personne au début de son parcours professionnel seront obsolètes à la fin de sa carrière. De plus, la part des connaissances nécessaires à toute activité ne cesse de croître. Travailler demande de plus en plus à apprendre, à transmettre des savoirs et à produire des connaissances. Les nouvelles technologies modifient les possibilités dapprentissage : la mémoire (base de données, hyper documents) ; limagination (simulations) ; les perceptions (réalités virtuelles), le raisonnement (intelligence artificielle). Ce quil faut apprendre ne peut plus être planifié ni précisément défini à lavance.
Lenfant doit apprendre à analyser linformation, limage, à construire un regard critique et à prendre du recul face à la profusion dinformations. Lenseignant doit aider "les élèves à transformer ces informations en savoirs, ces savoirs en connaissances et ces connaissances en culture. Il sagit dapprendre à organiser ces différents éléments afin de constituer un savoir et un savoir-faire".¹
Les philosophes, psychologues et pédagogues se sont toujours interrogés sur la connaissance et les processus d'apprentissage. Leurs théories influencent fortement la conception des technologies appliquées à l'éducation.
Ainsi, le psychologue américain, B.F Skinner, tentera d'appliquer à l'homme des techniques d'apprentissage fondées sur le comportementaliste. Son dispositif organise la progression de l'apprentissage en conditionnant le comportement de l'élève par des renforcements positifs. L'enseignement programmé a fortement marqué l'introduction des technologies dans l'éducation. Certains acquis demeurent (individualisation du rythme d'apprentissage, correction immédiate et utilisation pédagogique de l'erreur) et sont toujours appliqués dans des logiciels d'enseignement assisté par ordinateur (EAO). Mais la volonté initiale des concepteurs de supprimer la médiation humaine entre l'apprenant et le savoir à acquérir, expliquent, sans doute encore aujourd'hui, le très vif rejet (conscient ou non) exprimé (ou ressenti) par de nombreux enseignants face à ces technologies.
Les sciences cognitives feront évoluer cette approche. Influencés par les théories de Piaget, les chercheurs développeront des environnements d'apprentissage ouverts : les micromondes. Pour Seymour Papert, le créateur de LOGO, l'ordinateur devient "un objet pour penser avec", c'est l'enfant qui construit ses structures intellectuelles et ses connaissances. Mais l'apprentissage est toujours perçu comme un processus individuel de construction de connaissances. Les interactions entre personnes restent secondes. Jerome Bruner en fondant la "psychologie culturelle" insiste sur les dimensions sociales et affectives de l'apprentissage.
Cette vision modifie dès lors la place de la machine et le rôle qu'on lui attribue. Elle devient l'outil de l'élève au service de la création collective. Cette dans cette perspective que nous envisageons l'utilisation de l'ordinateur et de l'Internet.
¹ De Rosnay, "L'homme symbiotique", Points, 1997