LA DECOLONISATION ACCEPTEE

I L'AOF (l'Afrique occidentale française), L'AEF (l'Afrique équatoriale française) ET MADAGASCAR :

la Constitution de la IV° république a institué l'Union française et l'AOF, l'AEF et Madagascar en fait partie depuis 1946.

De ce fait toutes trois sont membres de plein droit de la République, tandis que le Togo et le Cameroun ont un statut d'associés.

Tous ces pays sont représentés à l'Assemblée Nationale et au Conseil de la République, mais les structures administratives de la colonisation demeurent : L'AOF et l'AEF conservent à leur tête par un gouverneur général, le droit de vote est limité aux chefs de famille payant l'impôt et aux mères de deux enfants. Ces mesures, parmi d'autres, provoquent des réactions de l'élite indigène, et au référendum du 13 octobre 1946 dans les colonies une majorité de non s'exprime. Une révolte a lieu à Madagascar en mars 1947 ; elle est durement réprimée.

C'est le déclenchement de la guerre d'Algérie qui accélère le processus d'émancipation.

La première étape est la loi-cadre Deferre de Juin 1956 : des assemblées et des conseils de gouvernement compétents sont créés pour régler certains problèmes intéressant les territoires et le suffrage universel est instauré. Cela permet à des hommes comme Felix Houphouêt-Boigny en Côte d'Ivoire ou Léopold Senghor au Sénégal de fonder leurs propres partis et d'avoir une audience populaire plus large.

L'exemple du Togo et du Cameroun, territoires sous tutelle de l'ONU, bénéficiant d'une large autonomie interne et la mise en place de la V° République, fournissent l'occasion de modifier la statut de l'Afrique noire.

Au référendum du 28 septembre 1958, la Guinée
vote non et devient immédiatement indépendante. Les autres territoires choisissent de former une communauté avec la république française. Cette communauté présidée par le général de Gaulle, assisté d'un conseil exécutif, disparaît au bout de seize mois.

En décembre 1959 le général de Gaulle reconnaît aux Etats membres le principe de la pleine souveraineté internationale et lance l'idée d'accords particuliers de coopération entre ces pays et la France.

Tous les Etats africains proclament leur indépendance en 1960. L'AOF et l'AEF disparaissent, les pays émancipés voient dans les accords de coopération bilatérale avec la France l'occasion d'obtenir une aide à leur développement économique et à la formation de leurs futurs cadres.

II La Tunisie et le Maroc

Leur accession à l'indépendance se fera en 1956.

Le Maroc : En avril 1947 à Tanger, le Sultan Sidi Mohammed Ben Youssef affirme sa volonté d'indépendance et tente de négocier directement avec le gouvernement français sans en informer le résident. Les réformes mises en place sont mal accueillies par les Européens et suscitent la méfiance de l'Istiqlal, parti indépendantiste le plus puissant du pays.

Le sultan de son côté s'oppose au résident en refusant de signer les dahirs qu'il propose et bloque la machine gouvernementale. Des extrémistes ( "Présence Française" soutenus par une majorité d'Européens et quelques notables marocains), hostiles à l'indépendance du Maroc, dénoncent de plus en plus violemment le sultan, les nationalistes et quelques français libéraux. Des attentats, des grèves parfois sanglantes se succèdent alors. Le sultan est déposé en août 53 et exilé à Madagascar.

Pendant l'été 1955 les attentats et les massacres s'intensifient, les Marocains et les nationalistes réclament le retour de leur souverain. Des négociations ont lieu et en novembre 1955, Sidi Mohammed Ben Youssef rejoint le Maroc.

Le 2 Mars 1956 un accord est signé : il résilie le traité de protectorat de 1912 et reconnaît l'indépendance du Maroc. Une "interdépendance des deux pays dans les domaines où leurs intérêts sont communs (défense, relations extérieures, économie et culture) " est établie.

Parallèlement un accord est conclu avec l'Espagne en avril 56.

La Tunisie : Le parti Néo-Destour et son chef H Bourguiba, bénéficiant de l'appui de la ligue arabe et des sympathies de l'opinion internationale lancent, dès 1945, des actions qui visent l'obtention de l'indépendance.

La France refuse d'écouter les revendications tunisienne et la situation s'envenime en 1952. Attentats, grèves et manifestations se succèdent, ils sont réprimés avec violence. Bourguiba est arrêté et placé en résidence surveillée jusqu'en 1954. Pierre Mendes France, président du Conseil, soucieux de régler le conflit et le considérant comme le seul interlocuteur valable le fait libérer, et négocie avec lui.

En 1955 la France reconnaît l'autonomie interne de la Tunisie, puis son indépendance en 1956.

Les accords du 20 Mars confèrent à la Tunisie (comme au Maroc) " l'indépendance dans une interdépendance librement consentie".

Ces nouveaux accords seront troublés par la guerre d'Algérie et la capture de l'avion marocain qui transportait les chefs historiques de l'insurrection algérienne (Ben Bella, Ait Ahmed et Khider) du Maroc en Tunisie.