CHAPITRE X :

Epilogue

Nous retrouvons bientôt des champs cultivés et un village. Nous sommes en pays Tankarana.

Une joie immense envahit le cœur de tous mes gens, ils se mettent à filer comme des zèbres et Baldauf comme Dailly ont toutes les peines du monde à maintenir chacun à sa place. Tous veulent filer en tête, arriver les premiers au village ; il faut même que je fasse la grosse voix pour maintenir un peu d'ordre dans tout ça.

Comme d'habitude Monsieur Joseph est envoyé en avant pour parlementer avec le chef du village.

Nous sommes fort bien reçus, j'achète et paie royalement du riz, des poules, des canards et un bœuf, et le chef m'invite à une fête qui va être donnée séance tenante pour célébrer notre arrivée chez lui. En attendant il me loge dans la plus belle case, où il apporte les cadeaux de bienvenue traditionnels en pays Tankarana : une corbeille de riz, une autre de manioc, des régimes de bananes et quelques cannes à sucre.

Après quelques jours de repos chez ces braves gens, repos nécessaire pour se refaire un peu, pour laver son linge et soi-même, on se remet en route. Cette fois le but est proche : Diégo n'est plus qu'à quelques jours de marche, nous sommes en pays à peu près connu et ce n'est que par acquis de conscience que je continue à en lever la carte.... Peut-être par la force de l'habitude prise ! ... Le temps est au beau, plus de soucis de ravitaillement, tous les soirs on couche dans des cases propres, on a du riz, des poulets, des œufs, des bœufs, la grande noce quoi !

Et mon histoire s'arrête là, car le retour à Tananarive fut sans encombre : j'embarque tout mon personnel sur le premier paquebot qui passe à Diégo à destination de Tamatave, d'où, par les voies habituelles, nous regagnons les hauts plateaux de l'Emyrne.

Du même coup, j'arrête ce journal des petits que je reprendrai en octobre.

Bons baisers et à bientôt.

De Tananarive à Diego Suarez

Souvenirs de Madagascar racontés par Paul Boucabeille à ses petits enfants